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le hangeul (ou hangul) un alphabet unique au monde.

hangul

On connaît bien l’alphabet latin, celui qu’on utilise tous les jours en parlant français, anglais ou tant d’autres langues. Hérité des premiers caractères latins, apparus au Vème siècle avant Jésus-Christ dans le monde romain, il a peu évolué et s’est dispersé un peu partout dans le monde, de façon si durable que des personnes de n’importe quelle nationalité doivent l’apprendre pour pouvoir lire l’anglais.

Mais l’alphabet coréen, le hangeul (ou hangul), a une histoire bien plus récente et très différente.



Il y a 5 000 ans : les hànzì –  漢字

L’origine du hangeul remonte à environ 2 800 avant notre ère, lorsque apparaissent les premiers hànzì, plus connus sous le nom de « sinogrammes », les caractères chinois. C’est le plus vieux système d’écriture qui soit encore en usage sous une forme quasiment identique à celle de l’origine, mais il a récemment (au XIXème siècle) été simplifié en Chine pour faciliter l’alphabétisation de ses utilisateurs.

Il y a 1 500 ans : les hanja

hanja

Aux environs du VIème siècle, la langue coréenne a tellement divergé de la langue chinoise que les hànzì ne correspondent plus aux sons coréens. La péninsule coréenne fait alors le choix de changer la prononciation des caractères et adopte les hanja. C’est l’érudit Seol Chong qui rend les hanja populaires au travers du système d’écriture Idu. On parle toujours de sinogrammes car la langue coréenne, uniquement orale ou presque, ne pouvait être écrite qu’avec le système chinois.

Il y a 700 ans : le hangul – 한글

Au XVème siècle, l’analphabétisme de la population coréenne devient problématique. La cause principale de ce problème est la grande complexité du système d’écriture chinois, que les hanja ne sont pas parvenus à résoudre (ils sont toujours au nombre de 3 500 au minimum, des dizaines de milliers pour les érudits).

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A Séoul, une statue en bronze du roi Sejong, trône sur la place Gwanghwamun.

C’est le roi Sejong le Grand, féru de linguistique, qui invente et officialise le système d’écriture hangul, tout à fait unique en son genre puisque la forme des caractères est liée à la forme des organes phonateurs (bouche, langue…) lorsque le son est produit. De ce fait, il est considéré comme un des systèmes d’écriture les plus scientifiques au monde. Il est promulgué en 1446 mais se heurte au violent désaccord des érudits qui défendent les valeurs des hanja. Méprisé par les gens instruits, il est interdit en 1504.

A la fin du XVIIIème siècle, la Corée est sous tutelle japonaise. Le Japon impose alors le hangul afin de faire la rupture avec les traces historiques de la Chine dans la péninsule coréenne. Après la Seconde Guerre mondiale, une fois le Japon vaincu, le hangul prend vraiment son essor et atteint enfin son but en alphabétisant la population très rapidement.

En 1446, le hangul compte 28 lettres appelées jamos. Aujourd’hui, il en compte 40, y compris avec les consonnes doubles et les voyelles composées. Les hanja sont toujours appris en Corée, hors du cursus scolaire normal. A la sortie du lycée, un coréen peut ainsi lire et écrire jusqu’à 2 000 hanja.

Un article d’Orikrin1998

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