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L’incroyable histoire de « Monami », le stylo bille coréen  monami

Il est petit, avec un design simple et épuré, pourtant le stylo bille inventé par Song Sam-suk est une légende encore bien vivante. L’entreprise coréenne « Monami », qui fabriqua les premiers stylos bille de Corée dans les années 1960, jouit encore d’une incroyable popularité dans une société coréenne pourtant ultra-numérisée.

Tout commence dans les années 1960, le stylo plume est alors le mode d’écriture courant. Son utilisation, sans être compliquée, demande un certain doigté, mais sa grosse faiblesse tient dans le fait qu’il ne possède pas de réserve. La plume qui doit régulièrement être trempée dans l’encre oblige l’utilisateur à avoir une bouteille constamment sur lui. De plus l’écriture souffre du manque de fluidité et écrire un long texte est un vrai cauchemar.

En 1962, Song Sam-suk, alors en déplacement au Japon, découvre presque par hasard un employé de bureau utilisant un stylo bille. Trouvant l’idée ingénieuse, dès son retour en Corée il décide de fabriquer son propre modèle de stylo.

Un an plus tard, en 1963, il fonde son entreprise, qu’il nomme Monami, et sort son premier stylo bille, le « Monami 153 ». Et la première impression est juste : le nom est tiré du français  « mon ami » !

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Une publicité Monami dans les années 1960.

 

Des débuts difficiles

Les débuts sont difficiles, les clients ne changent pas si facilement leurs habitudes, ils hésitent à abandonner la plume au profit du petit stylo proposé par Song, surtout que le 153 n’est pas encore très fiable, il coule parfois et tâche les chemises des clients. Le jeune promoteur coréen doit alors rembourser les vêtements des utilisateurs…

L’entreprise coréenne ne baisse pas les bras, elle travaille sur l’amélioration de son stylo et parvient à résoudre les principaux problèmes, en parallèle des campagnes de communication pour faire changer les mentalités. Grâce à un petit coup de pouce de l’État, qui certifie le stylo à la norme « KS », pour sa résistance à l’eau, l’huile et la lumière, le 153 de Monami devient populaire.

L’aspect pratique, son design moderne et son coût très modeste (seulement 15 wons), finissent par convaincre les usagers et sa côte de sympathie monte en flèche.

Le siège de Monami, dans la ville de Yongin.

Le siège de Monami, dans la ville de Yongin.

La concurrence

En 1989, la Corée ouvre le marché des produits de papeterie à la concurrence internationale. C’est le début d’une nouvelle ère de difficultés pour Monami. Les clients se tournent vers les marques étrangères qui proposent des stylos aux modes d’écriture plus accessibles. Monami va réagir en diversifiant sa gamme et investit dans la recherche et le développement tout en conservant son produit phare, le 153. Un pari réussi : l’entreprise coréenne profite ainsi de sa bonne image auprès de sa clientèle fidèle et attire de nouveaux clients venus de secteurs plus techniques.

 

L’innovation

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Monami se lance ensuite dans l’élargissement de sa gamme en créant des concepts et surtout en inventant des noms qui deviendront des termes génériques en Corée.

Le « Sign pens » par exemple, qui désigne un stylo de couleur à base d’encre à l’eau ou le « Name pens » qui est un marqueur. Pour l’utilisation des tableaux blancs les coréens utilisent le terme « Marker pens » autre produit de la marque Monami et enfin les stylos à base d’encre à l’huile sont eux appelés « Magic pens ».

Des produits innovants, avec des noms qui contribuent à alimenter la popularité de la marque, il est vrai que rarement une entreprise n’aura généré autant de termes génériques, dans un domaine aussi ciblé que la papeterie.

Aujourd’hui encore Monami continue son développement grâce à des fonctions spécifiques de haute technologie, comme l’automobile ou la construction navale.

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Le Monami « fisherman », réalisé pour le pape François en 2014,  est désormais exposé au Vatican.

Le Monami 153 continue de tracer sa route

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Le Monami 153 ID, une version plus moderne.

Le 153, qui a fêté ses 50 ans en 2003, est toujours en vente de nos jours. Il existe même plusieurs modèles du stylo légendaire. Une version classique, toujours très colorée et coûtant environ 3000 wons (2€) , mais aussi des exemplaires plus modernes comme le 153 ID, une variante plus luxueuse du 153 original.

Sur le marché coréen, Monami reste le leader de son secteur. Depuis la construction d’une usine en Thaïlande en 1989, la compagnie développe ses ventes en Asie. En 2013, l’entreprise exporte ses produits dans près de cinquante pays à travers le monde, atteignant un chiffre d’affaires de 90 millions d’euros, une belle prouesse dans une société où nos amis sont plutôt virtuels sur les réseaux numériques.

 

 

 

Au DDP, la boutique « Monami » vous offre la possibilité de concevoir vous même votre stylo.

monami 153

 

 

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