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09/06/2015

Le « Suneung », l’impitoyable bac coréen

A l’heure ou les lycéens français débutent les révisions, peu s’imaginent que le bac en France les épargnent d’une compétition angoissante comme peuvent le vivre leurs compatriotes coréens.

Suneung bac coréen

Yonhap

En Corée du Sud, tous les ans le deuxième jeudi de novembre, les Coréens passent un examen capital dans leurs vies d’étudiants, le « Suneung »(수능), comparable au baccalauréat français.

Le sésame indispensable permettant l’accès aux principales universités du pays.



Un pays en apnée pour ses étudiants

suneung2La période du bac est en France un moment important pour les familles concernées, mais rien à voir avec la Corée du Sud, où l’examen (qui se déroule sur une seule journée), prend une ampleur étonnante. Les entreprises, la bourse, les administrations, tous modifient leurs horaires d’ouvertures en les décalant d’une ou deux heures, afin de de limiter les embouteillages dans les rues de la capitale et permettant aux lycéens d’arriver à l’heure.

Entre 7h et 9h le nombre de métros et de bus est augmenté et dans les zones d’examens la circulation est purement et simplement interdite.

La police est entièrement mobilisée, des motards sont mêmes spécialement affectés pour l’occasion, munis d’Harley-Davidson suréquipées avec une mission simple, prendre en charge les retardataires et les amener coûte que coûte sur le lieu des épreuves.

Les avions eux aussi sont concernés, ils ont l’interdiction de décoller et d’atterrir pendant les épreuves orales pour éviter les nuisances sonores.

Le jour du Suneung est tellement décisif que les professeurs qui rédigent les examens sont confinés pendant un mois avant les épreuves. Pour éviter toute fuite les enseignants ne peuvent avoir aucun contact avec l’extérieur jusqu’à la fin des épreuves.

Suneung bac coréen

La Corée, un pays de diplômés

La Corée possède un des meilleurs taux de diplômés universitaires parmi les pays de l’OCDE, mais ce très bon résultat n’est pas sans conséquences et les « dommages collatéraux » sont malheureusement nombreux. Pour exemple la pression est telle que le jour J est considéré pour beaucoup comme le tournant de leur vie et qu’avoir un bon résultat à l’examen est une « question de vie ou de mort ». Il est vrai que c’est précisément grâce à cet examen que les universités choisissent les étudiants qui intégreront leurs bancs.

Les meilleurs candidats ont un objectif bien particulier, celui d’entrer dans les universités les plus renommées du pays, connues sous le nom très symbolique de « Sky », il s’agit de Seoul national university, Korea university ou Yonsei university.

Les instituts privés s’enrichissent sur la peur de l’échec

Vous l’aurez compris, le système coréen impose une concurrence sans partage et

« pour être le meilleur, tous les moyens sont bons, mais il faut surtout avoir les moyens. »

Les parents investissent des sommes vertigineuses pour la réussite de leurs enfants, notamment en payant des cours du soir dans des instituts privés appelés « hagwon ».

Les soirées-type d’un lycéen coréen sont loin de celles que connaissent les jeunes français, rares sont ceux qui passent un moment paisible en famille autour d’une bonne table. Beaucoup termineront leurs journées vers 22h, après avoir passé plusieurs heures à travailler la matière la moins maîtrisée dans l’institut payé par leurs parents. Ce qui à pour effet d’accroître la pression sur l’enfant, qui se sent naturellement redevable.

De plus ce mode d’apprentissage laisse peu de place à la créativité et à l’imagination, le but étant surtout d’ingurgiter un maximum de choses. Les loisirs sont eux aussi souvent sacrifiés.

Suneung bac coréen

Yonhap

Un diplôme pour un avenir meilleur, peut-être

Début décembre en Corée, on ne fait pas le sapin de Noël : on choisit son université. En fonction du résultat obtenu au « Suneung », les étudiants établissent une liste de souhaits, dans une des trois grandes catégories d’universités du pays, divisées comme ceci :

– 가 (Ga), les universités ne prenant en compte que le score du « Suneung »
– 나 (Na), celles qui comptent les notes des années du lycée et le score du « Suneung »
– 다 (Da), prenant en compte l’investissement de l’étudiant à la vie scolaire

Mais une fois à l’université, même si la compétition est moins acharnée, les places restent chères, surtout que près de 80% des lycéens poursuivent leurs études après le « bac ». A la fin du cursus scolaire, un grand nombre seront diplômés, une aubaine pour les employeurs qui jouent de cette concurrence pour maintenir des salaires bas.

 

 


 

12/11/2015

Le jour du « suneung », le bac coréen.

Cette année encore près de 631 178 lycéens coréens vont affronter l’épreuve du bac, qui se déroule sur une seule journée.

Au « pays du matin calme », la matinée sera donc mouvementée, surtout que pour de nombreuses familles il s’agit d’une journée capitale, les familles s’investissent beaucoup autant financièrement que physiquement dans l’éducation de leurs enfants.

A cette occasion la ville de Séoul mobilise une grande partie de ses policiers et gendarmes, certains équipés d’Harley-Davidson auront pour mission d’accompagner les lycéens en retard, directement devant l’établissement où l’étudiant passe son « suneung » le bac coréen.

 

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