Au pas de courses

Au pas de courses

Vivre le confinement,  avec une humeur de  yo-yo. Parfois elle descend, pour remonter aussi vite, mais surtout, comme la ficelle de ce jouet horripilant, elle s’embrouille.

Une histoire sans histoire.

Retour à l’âge primaire oblige, notre instinct privilégie la subsistance, plus rien n’a d’importance, seul la nourriture prime. Même le printemps ensoleillé, si propice à la régénération de l’espèce d’ordinaire, ne parvient à éveiller les mâles reproducteurs en quêtent de femelles compatissantes.

Si l’accouplement n’est plus un sujet, c’est surtout que mon estomac vide m’empêche de penser à autre chose, qu’à d’la bouffe. Je deviens tellement primitif que je n’arrête pas de dire à mon chien « donne la pâte ».

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J’ai tellement les crocs magnons-nous avant qu’il n’y ait plus rien à manger.

Ce retour au moyen âge, m’a amené au-devant de grands dangers, mais ma bravoure légendaire m’a permis de les surmontés. (Je me lâche un peu c’est vrai). Depuis que je passe ma journée avec un masque je me prends un peu pour un surhomme.

 J’ai déjà affronté le preux chevalier « Péculotus». Un rude combattant, capable de projeter près de deux rouleaux à la seconde sur son adversaire, une véritable prouesse je dois le reconnaître.

A la sortie du commerce de biens alimentaires, la gente demoiselle m’oppose son bouclier en plexiglas, frêle défense, que mon glaive brise sans effort. Elle croit vraiment qu’elle va m’empêcher de mettre ma carte dans le lecteur, cette gueuse.

Le guet-apens, nouvel affront, l’armée du royaume contrôle les routes, mais je ne suis guère sot. Après avoir chargé, les denrées sur mon dos je contourne la montagne, au pas de courses. Oh merde j’avais des congelés.

Le virus rend boulimique.

La boulimie

La médecine c’est pas trop mon rayon, mais en voyant les gens qui se précipitent dans les magasins, je venais de comprendre, qu’une des caractéristiques du virus est qu’il rend boulimique.

Le nombre de malades est déjà énorme, et je comprends mieux pourquoi ils ne respectent pas la mesure barrière de 1m, ils sont déjà tous malade.

Malade et affamé, on dirait une armée de zombies sortant d’une morgue, à l’heure de pointe, vers 2h du mat.

Les chariots débordent, remplient de papier toilette et de pâtes.

Le corona virus rend donc boulimique et italien, effectivement il fallait que je prenne un maximum de précautions.

Il faut avoir de sacré cojones, pour supporter un truc pareil. Je ne pouvais supporter de devenir aussi poilu que Larusso, et encore moins de jouer au foot 23h par jour.

Un mystère subsiste, pourquoi du papier toilette ? Forcément il correspond à un autre symptôme, mais bon celui-là je préfère ne pas le connaître.

Coronavirus : pourquoi les gens achètent-ils du papier toilette ...

Comme tout va bien de mon côté, je patiente en attendant que mon stock alimentaire diminue doucement.

Finalement je me retrouve comme tout le monde, je m’emmerde.

Comme s’emmerder à mourir me paraît pas très enthousiasment, je bouffe. Parade primaire je vous l’accorde, mais j’ai pour l’instant rien d’autres à me mettre sous la dent.

Merde je suis contaminé, ou simplement je bouffe parce que je ne sais pas quoi faire d’autres.

Par mesure de précaution, je décide de joindre « sauce médecin » en expliquant que j’ai un symptôme, je bouffe comme un goret.

Son verdict tombe, aussi sèchement que le ton de sa voix, « GROS CON ». Je commence à être rassuré, j’étais tombé sur un médecin compétant.

« Oui effectivement il s’agit bien des conséquences docteur, fine analyse ». Mais soudainement  il raccroche, dommage il avait pourtant  bien commencé.

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