Les fruits défendus

Les fruits défendus

Notre vie de t’es rien, avec les pieds sur terre et la tête dans le cul. Nous restons des terriens, nous ne sommes pas grand-chose.

Depuis que nous n’avons plus nos petites contraintes de salariés formatés, notre hygiène, importe peu. Je regrette déjà les semaines où j’attendais avec délectations le week-end pour dormir. Dans mes précédents récits, j’ai déjà abordé ce sujet et je remarque que finalement le repos et le sommeil est central dans notre vie.

Formidable… finalement l’activité principale de notre monde moderne est de se pieuter.

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Mes nouvelles règles de repos sont désormais établies, aujourd’hui je dors quand j’ai envie, n’importe comment, n’importe où. Et oui terminé mon petit pyjama boutonné, je me balade en caleçon jour et nuit, je m’assoupis dans une pièce différente, au moment où le sommeil devient insupportable.

Le chat me prend pour un griffoir, le chien pour son panier, mon canarie pour un perchoir, les tomates pour un tuteur, ma fille pour un tapis, ma femme pour un taré.

Pic vert

Hygiène de vie, au sens propre comme au sens figuré.

“Lavez-vous les mains”, cette phrase martèle mon cerveau, j’ai l’impression d’avoir un pivert dans le bocal.

Tel un robot j’applique la consigne, la « démo crade » d’une dictature en marche.

Le résultat, est je dois l’avouer stupéfiant, un mois et demi sans douche donne des résultats spectaculaires. Je prends toutes les précautions pour ne surtout pas dépasser le poignet, du coup j’ai une ligne de crasse à hauteur de la montre et surtout je pue comme un putois.

Comme nous avons encore le droit de bouffer, et que la liste des choses autorisées est super restreintes, vous pensez que je fais quoi, le con pense.  

Combler un vide affectif, en bouffant du chocolat, méthode classique et bien connue, moi je l’applique depuis longtemps, je m’engueule avec ma mère tous les jours, pour pouvoir manger ma tablette le soir venu.

Le soir je prends une formule complète d’une des filles du Mac Donald Trump.

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Quand je sature de chocolat et de burger, j’aime bien manger des fruits et des légumes, alors faute de pouvoir subvenir moi-même à ma consommation je vais régulièrement dans mon petit magasin de produits frais.

Après avoir patienté devant le magasin, je mesure la barrière qui me sépare, de mon autonomie alimentaire.

J’arrive enfin devant l’entrée du magasin, face au chargé de sécu, j’y pénètre. Il me donne des gants en plastique, il est coquin lui ??!!.

Je prends mon petit sachet, plastique biodégradable à base de pétrole vert, (un truc dans le genre) et je commence ma récolte.

Alors là cerise sur le cupcake, le sachet à base de maïs OGM compostable, il faut l’ouvrir en portant des gants. Ma transformation est brutale, je deviens pire que le capitaine haddock, je pousse plus de jurons qu’il n’en a jamais prononcés.

C’est quoi ce machin qui colle, impossible de l’ouvrir ce con. C’est une épreuve pour être sélectionné à Koh lanta ou quoi. Sans rire il faut me faire la démonstration. Je souffle dessus, je crache dedans, je le piétine, je le frotte sur la chevelure de la grand-mère, je jette une caisse de litchis dessus, rien à faire…

Visiblement on vient de me tendre un piège, les sacs ne s’ouvrent pas. J’ai pas regardé les infos hier, merde, ils ont certainement annoncé la fin de l’usage de sac plastique, heureusement que je suis futé comme mec.  Il faut donc jeter les fruits et les légumes en vrac dans le chariot, c’est vrai c’est vachement plus écolo.

Pour le passage en caisse je suis un peu moins convaincu. Pas moins de 1h30, avant de mettre ma carte de la fente salvatrice du lecteur. Ben oui vider le chariot en vrac sur le tapis n’est pas si simple et la Simone de la caisse, qui me regarde de travers, est super lente. La conne elle a pas regardé les infos hier, il pourrait informer leurs caissières quand-même. Comme le gars de la sécu est venu à côté de moi, pour me montrer ses beaux muscles, j’hésite à faire une remarque à la demoiselle.

Afin de détendre l’atmosphère, je lui tend une banane, mais le gorille du magasin n’accepte pas mon offrande, il est vraiment coquin il me tourne autour mais refuse mes avances.

Je termine et m’échappe discrètement du magasin, en jetant un regard tendre en direction de mon sauveur, il se détourne en lâchant virilement, “Petit pédé va”.

Tout était dit, merci mon chou “de Bruxelles”, il a un accent belge.

J’appelle ma femme pour charger la voiture sur le parking.

Elle arrive, aussi rouge, que mes tomates écrasées au fond de ma charrette de supermarché, il fait pas si chaud pourtant. Et moi qui pensais qu’elle serait contente de ne voir aucun sac plastique.

« Tu charries, oh du con. ».

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